Automne Musical de Spa

Philippe PIERLOT, François FERNANDEZ et Rainer ZIPPERLING

Date

Samedi 13 octobre 2012

Lieu

Salon bleu du Centre Culturel

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Haydn et le baryton.

En 1761, Haydn entre au service du Prince Paul Anton Esterhazy (1695-1762) en tant que vice-maître de chapelle. La famille Esterhazy était alors la plus riche et la plus puissante de Hongrie, grande protectrice des arts et en particulier de la musique.
Le prince Paul Anton meurt en 1762 et c'est son frère Nicolas Ier (1714-1790) qui lui succède. De retour de Paris en 1764, il fera édifier le somptueux château d'Esterhaza, où la musique jouait un rôle prépondérant dans la vie quotidienne et les festivités de la cour d'Esterhaza.
Les musiciens, et Haydn plus encore, travaillaient d'arrache-pied pour satisfaire les exigences de leur maître. La distraction favorite de ce dernier était de jouer du baryton, et il attendait de son maître de chapelle nombre d'oeuvres divertissantes et bien écrites pour son instrument préféré.


Malheureusement, Haydn ne s'intéressait que très modérément à ce genre de musique; ce qui lui valut une réprimande écrite et très explicite du Prince:"...Il est enjoint au maître de chapelle Haydn... d'avoir à se montrer plus assidu que par le passé à la composition, principalement à celle de morceaux que l'on peut exécuter sur le baryton et dont nous n'avons encore vu qu'un petit nombre." Haydn se mit alors à la tâche; mais comme il l'explique lui-même à son biographe: "Le Prince aimait la musique et jouait lui-même du baryton, qui, à son sens, devait se limiter à une seule tonalité; ne possédant moi-même qu'une connaissance très sommaire de cet instrument, je ne savais si je devais me ranger à cet avis."
Il décide alors d'apprendre lui aussi à jouer du baryton. Faute de temps, c'est la nuit, sur fond de railleries de sa femme, qu'il s'initie aux rudiments de l'instrument. Y prenant goût et à force de travail, il parvient à maîtriser ce nouvel instrument et s'en va prouver à son Prince qu'il est possible d'aborder plusieurs tonalités différentes ! A la fin de sa prestation, Nicolas Ier déclare sans le moindre étonnement : "Vous êtes censé ne rien ignorer de ces choses, Haydn !"
Le baryton est composé de deux instruments qui se complètent : d'une part une viole de gambe avec ses 6 cordes en boyau frottées par l'archet et, d'autre part, une série de cordes métalliques qui donnent à la viole une résonance prononcée et qui, passant derrière le manche, peuvent être pincées par le pouce gauche de l'instrumentiste.
Cette sorte de harpe, dont l'interprète pince subrepticement les cordes, aurait eu d'après certains auteurs jusqu'à 44 cordes ! On imagine les difficultés rencontrées pour jouer en même temps et avec élégance de ces 2 instruments (même si, sur les barytons conservés, le nombre de cordes métalliques ne dépasse jamais 22).
Malgré tout, cet instrument connut assez de succès pour être apprécié pendant plus de deux cents ans (du milieu du XVIIe siècle jusqu'au milieu du XIXe).

Extraits de notices rédigées par Anne-France Massaut

 

Philippe Pierlot est né à Liège. Après avoir étudié la guitare et le luth en autodidacte, il se tourne vers la viole de gambe qu'il étudie auprès de Wieland Kuijken.
Membre fondateur du « Ricercar Consort », il en assume la direction depuis 1998. Avec cet ensemble, il aborde principalement le répertoire du XVIIe siècle, révélant au public de nombreux compositeurs et œuvres de grande valeur. Son répertoire comprend également des œuvres contemporaines, dont plusieurs lui sont dédiées et il est un des rares interprètes à jouer du baryton, instrument méconnu pour lequel Haydn a composé près de 150 œuvres. Il a adapté et restauré les opéras  Il Ritorno d'Ulisse de Monteverdi (donné entre autres au Théâtre de la Monnaie, Lincoln Center de New York, Hebel Theater de Berlin, Melbourne Festival, La Fenice ...), Sémélé de Marin Marais ou encore la Passion selon St Marc de Bach. Se consacrant à la musique de chambre, à l'oratorio et l'opéra, il partage son activité entre la viole de gambe et la direction. Il a récemment dirigé le Collegium Vocale Gent à Versailles dans une Messe des Morts de Charpentier ou « Le Messie » de Haendel en Corée. En 2001, il crée une firme discographique, FLORA, par laquelle il prolonge son travail de découvreur du répertoire baroque, proposant un répertoire rare et insolite. Avec son ensemble « Ricercar Consort », il collabore avec la firme française MIRARE . Ses enregistrements les plus récents sont consacrés aux Fantazias de Purcell, à la musique pour viole de Couperin ou encore au Magnificat de Bach. Philippe Pierlot est professeur aux Conservatoires de Bruxelles et de La Haye.

 

François Fernandez est né à Rouen en 1960. Dès l'age de 12 ans, il commence l'étude du violon baroque, se dévouant entièrement à cet instrument quelques années plus tard. Il étudie pendant deux ans et demi au Conservatoire Royal de La Haye aux Pays-Bas, et obtient le diplôme de soliste dans la classe de Sigiswald Kuijken. Ensuite, il joue dans « La Petite Bande », « La Chapelle Royale », « l'Orchestre du 18e siècle »,... en tant que soliste ou premier violon. Depuis quelques années, il se consacre principalement à la musique de chambre avec les frères Kuijken, le Ricercar Consort, les frères Hantaï ... ou se produit en récital avec les Partitas de J.S. Bach. Parmi les très nombreux enregistrements réalisés, citons particulièrement les Sonates de Leclair (Astrée Auvidis), qui ont reçu le « Editor's Choice » de chez Grammophone.
Il a également créé avec ses amis Philippe Pierlot et Rainer Zipperling le label FLORA, pour lequel il réalisa un enregistrement consacré aux partitas pour violon seul de Jean Sébastien Bach.
François Fernandez joue également l'alto, la viole d'amour, et la viole de gambe, et enseigne le violon baroque au Conservatoire National Supérieur de Paris et de Bruxelles.

 

Rainer Zipperling est aujourd'hui un des violoncellistes-gambistes les plus connus dans le domaine de la musique baroque, et a voyagé à travers le monde entier en tant que soliste et continuiste. Il a participé à plus de 250 enregistrements avec des ensembles de toute l'Europe.
Il est membre permanent de l'Orchestre du XVIIIe siècle, du Camerata Köln et du Ricercar Consort.
À côté de ses activités d'interprète, il occupe des postes pédagogiques dans les Conservatoires de Frankfurt, Cologne et La Haye. Il donne également des stages d'été aux U.S.A., Portugal, Israël, Espagne, France, Australie, Russie, Pologne, Tchéquie et Slovaquie.
Non seulement Rainer Zipperling a pris la responsabilité de rééditer des compositions inconnues, mais il a également créé avec ses amis le violoniste François Fernandez et le violiste chef d'orchestre Philippe Pierlot un label discographique : FLORA. Il y prend volontiers la place de directeur artistique et de preneur de son. Il a enregistré pour son propre label les Suites pour violoncelle seul de J.S. Bach, enregistrement reçu avec enthousiasme par la presse et le public.
Rainer Zipperling a épousé une violoniste-gambiste et joaillière, avec laquelle il a deux filles douées pour la musique. Il s'occupe avec grand plaisir de la cuisine familiale (ainsi que de la cave à vins) lorsqu'il n'est pas en traversée des Alpes sur un mountain-bike...