Automne Musical de Spa

Boyan VODENITCHAROV (pianoforte), Ageet ZWEISTRA (violoncelle) et Baptiste LOPEZ (violon).

Date

Samedi 29 septembre 2012

Lieu

Salon bleu du Centre Culturel

Plan d'accès

Visionner

 

 

Lorsque l’on s’intéresse au répertoire de sonates pour violon et clavier, l’histoire place inévitablement Wolfgang-Amadeus Mozart parmi les plus grands compositeurs. En effet, le compositeur autrichien est considéré comme étant le premier à poser les normes de la sonate moderne. Avant lui, les sonates pour violon et clavier avaient une fâcheuse tendance à privilégier l’un ou l’autre partenaire. Mozart est parmi les premiers à jouer sur les contrastes des timbres des instruments à cordes et de l’instrument à clavier. Il innove également en conférant au dialogue des différents partenaires, une force majeure à travers le lyrisme et la mélodie développée par chacun d’eux.

 

La sonate en si bémol majeur (K. 378) figure parmi les œuvres les plus populaires de W.A. Mozart. Il la composa durant l’année 1779, juste après son séjour à Salzbourg. Le premier mouvement de cette sonate, Allegro moderato, propose quatre thèmes bien différenciés. Considéré comme le sommet de cette œuvre, le second mouvement, Andantino sostenuto e cantabile, repose sur un tendre dialogue entre les deux instruments mis à l’honneur. Au travers d’un langage passionné, le violon s’impose soudain, vite conforté dans son humeur violente par le piano juste avant de conclure dans la sérénité. Dans le Rondo final, Mozart se plaît à réaliser une petite synthèse des influences parisiennes et salzbourgeoises acquises jusque-là, pour instaurer une atmosphère particulièrement joviale dont il avait le secret !


Le Trio en si bémol majeur (K. 502) a été composé en 1786, l’année de composition de deux autres chefs-d’œuvre le Concerto pour piano en ut majeur (K. 503) et La Symphonie « Prague ». Dans cette œuvre, Mozart se détache de l’ancienne conception du trio où le violoncelle jouait un rôle de doublure pour faire endosser à l’instrument un vrai rôle de concertiste. L’Allegro, de forme sonate, présente un premier thème composé de tierces chromatiques confié au piano. Vite rejoint par le violon, les instruments se partagent les deux thèmes dominants au travers d’une écriture contrapuntique fouillée qui provoque des frottements harmoniques pleins d’audace. Le deuxième mouvement Larghetto plonge l’auditeur dans un pur moment poétique. Chaque instrument du trio y déploie des passages ornés d’un charme irrésistible. Le dernier mouvement Allegretto, quant à lui, emmène les deux instruments à cordes au cœur d’une joute musicale, menant le combat avec l’instrument à clavier. Pour la première fois dans l’histoire du trio pour cordes et clavier, Mozart laisse s’émanciper le discours du violoncelle qui, associé au violon, rivalise avec le clavier au gré d’une écriture contrapuntique audacieuse.

Voici le tour du non moins célèbre viennois Ludwig van Beethoven. Son Trio n°1, en mi bémol majeur (op. 1 n°1) est le premier des trois trios composés entre 1793 et 1795. Tous trois furent créés chez le Prince Karl von Lischnowsky en compagnie de Joseph Haydn. La chronique nous rapporte que les trios « firent une grande sensation » auprès des auditeurs. Ces trois pièces innovent par le remplacement du traditionnel menuet par le scherzo placé entre l’adagio et le finale. Le Trio n°1 propose quatre mouvements d’une égale longueur. Le thème initial de l’Allegro exploite différents emprunts stylistiques à Mozart et Haydn, ponctués d’affirmations d’accords déjà très beethovéniens ! L’Adagio cantabile, quant à lui, s’exprime au gré d’une tension intérieure parfois très intense. Celle-ci se développe et se diversifie tout au long du Scherzo où les accords plaqués soutiennent une mélodie langoureuse pour s’échapper, à plusieurs reprises, vers des atmosphères plus dynamiques. Le trio se conclut par un Presto brillant et plein d’élan.

 

Véronique Wintgens


 

 

 

Né en 1980, Baptiste Lopez commence ses études de violon au Mexique, à l’âge de cinq ans. De retour en France, il travaille auprès de Jean Lénert au CNR de Paris. C’est au CNSM de Paris, dans la classe de Jean-Jacques Kantorow, qu’il obtient en 2005 un Premier Prix de Violon. Dès 2003, Baptiste intègre le Quatuor Gaudi en qualité de second violon et se produit déjà sur les scènes nationales et à l’étranger. Il devient premier violon du quatuor Gaudi en 2006.

 

Parallèlement au travail du quatuor, Baptiste Lopez porte un vif intérêt à la pratique de la musique ancienne sur instruments d’époque. Il intègre en 2003 la Formation Supérieure de l’Abbaye aux Dames à Saintes où il aura la chance de travailler avec le violoniste A. Moccia mais également avec des personnalités telles que Philippe Herreweghe ou Robert Levin. Il fait depuis lors partie de nombreux ensembles prestigieux tel que Le Collegium Vocale Gent, L’Orchestre des Champs Elysées, L’Opéra National de Paris, La Chambre Philarmonique. Il est un des membres fondateurs de l’octuor « Nothern light », ensemble explorant la musique de chambre pour cordes et vents du XVIIIème siècle. Il fonde en 2007 aux côtés d’Ageet Zweistra, Paul Declerck et Caroline Bayet le Quatuor Edding dont il est premier violon.

Appelé par Philippe Herreweghe, il est depuis 2009 invité régulièrement comme premier violon à l’Orchestre Philharmonique d’Anvers.


Né en 1960, le pianiste Boyan Vodenitcharov a déjà remporté le deuxième prix du Concours international Senegallia lorsqu’il rentre au Conservatoire d’Etat de Sofia en 1979. Il obtient ensuite, entre autres, le troisième Prix au Concours international de Busoni en 1981, le Premier Grand Prix au concours national bulgare de composition en 1982 et le troisième Prix au Concours international Reine Elisabeth en 1983. En 1986 et 1987, il obtient le « Fullbright Grant » pour se perfectionner auprès de Léon Fleischer au Peabody Conservatory de Baltimore.

Depuis lors, Boyan Vodenitcharov a été acclamé aussi bien en Europe, qu’aux Etats-Unis, au Canada ou au Japon. Plusieurs importants festivals comme le Festival de Flandre, le Festival de Wallonie, le Festival Ars Musica en Belgique, le Piano Festival d’Amsterdam, le Midem en France, etc. l’ont invité à se produire à de nombreuses reprises. On a pu apprécier sa grande musicalité dans autant de prestigieuses salles de concert que le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, le Concertgebouw d’Amsterdam, le Palais de la Musique de Strasbourg, la Salle Smetana de Prague, le Suntori Hall de Tokyo. Concertiste de renommée internationale, il a été accompagné par de nombreux orchestres, tels l’Orchestre national de Belgique, les Philharmoniques de Liège et de Flandre, le Residentie Orkest de La Haye, le Schwerin Staatskapelle, le Philharmonique de Sofia, le John Hopkins Symphony, le Kärtner Sinfonie Orchester…


Depuis une quinzaine d’années, il s’intéresse aux instruments anciens comme le tangentenflügel ou le pianoforte. C’est sur ces instruments qu’il a enregistré pour PHI trois trios à clavier de Mozart ainsi qu’une sélection de sonates de Haydn. Chez Denon, on le retrouve aux côtés de Ryo Terakado dans une intégrale de sonates pour violon et piano de Beethoven. Chez Flora, avec François Fernandez - dans des trios de Haydn, ainsi que des sonates pour violon et quatuors à clavier de Mozart. Il collabore également avec d’autres grands spécialistes de la musique ancienne comme Marcel Ponseele, Sigiwald Kuijken, Jan Vermeulen, Piet Kuijken.


A part ses activités d’instrumentiste, Boyan Vodenitcharov travaille également dans le domaine de la composition et l’improvisation. Plusieurs de ses œuvres ont été jouées en France, en Allemagne, en Belgique et en Bulgarie.

En tant qu’improvisateur il collabore avec le pianiste de jazz Arnould Massart et le saxophoniste Steve Houben, son partenaire dans le cd « Les valses » paru chez Mogno music.

Sa discographie récente comprend des pièces solo de Brahms (sur Bôsendorfer 1880) et Debussy (sur Erard 1910) pour le label Explicit !, des sonates de Mozart (sur Walter 1795), ainsi qu’un projet de musique improvisée pour piano solo pour le label Fuga Libera.



De 1987 à 1991, il a été professeur de piano au Conservatoire d’Etat de Sofia. Il a ensuite enseigné le piano et la musique de chambre aux Conservatoires Royaux de Gand et de Liège. Actuellement, il est professeur de piano, pianoforte et d’improvisation au Koninklijk Conservatorium de Bruxelles.

En 2003, 2007 et 2010 il a été membre du jury du Concours international Reine Elisabeth.



Ageet Zweistra étudie le violoncelle dans la classe d’Anner Bijlsma au Conservatoire Royal de La Haye. Très intéressée par la pratique de la musique ancienne sur instruments d’époque, elle devient rapidement membre du Amsterdam Baroque Orchestra (Ton Koopman), de l’Ensemble Mosaïques (Christophe Coin) et du Collegium Vocale Gent (Philippe Herreweghe). En 1991 elle est co-fondatrice de l’Orchestre de Champs Elysées dont elle est depuis le violoncelle solo. Ageet Zweistra a enregistré plus de cent disques et joué dans les plus belles salles des cinq continents.

Passionnée de musique de chambre, elle fut membre du Quatuor Turner de 1985 à 2005. Depuis 2007, elle est la violoncelliste du quatuor Edding, avec lequel elle a enregistré Haydn, Mozart, Beethoven et Brahms sur instruments d’époque.
Dans le cadre du Centre Européen de Recherche et de Pratique Musicale à l’Abbaye aux Dames de Saintes, elle enseigne à de jeunes musiciens du monde entier le répertoire des XVIIIe et XIXe siècles sur instruments d’époque.