Automne Musical de Spa

Ricercar Consort, direction Philippe Pierlot

Date

Samedi 16 octobre 2010

Lieu

Le Britannique

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RICERCAR CONSORT


Philippe PIERLOT

basse de viole & direction

Emmanuel BALSSA   Eduardo EGÜEZ

basse de viole        théorbe & guitare

 

Pierre HANTAÏ

clavecin

 

La viole de gambe serait apparue en Espagne au XVe siècle. De là elle essaima à travers l’Europe, passant par l’Italie et la France. L’Hexagone devait par la suite occuper une place de choix dans le développement de l’instrument et dans l’évolution de sa technique de jeu. La viole se déclinait en plusieurs tailles, constituant ainsi une famille allant du dessus (puis plus tard de l’encore plus petit pardessus) à la basse. Pendant une centaine d’années, d’environ 1670 à environ 1770, l’école française de basse de viole fut la référence absolue en Europe pour qui voulait l’aborder en virtuose. Les œuvres écrites par les compositeurs français étaient très recherchées aux Pays-Bas, en Allemagne et en Angleterre, pays où l’instrument était à l’époque fortement établi. Elles étaient jouées lors des concerts qui agrémentaient la vie de la noblesse française ou encore lors de ceux qu’organisaient les musiciens tels Sainte-Colombe et ses filles qui formaient un trio de violes fort apprécié. On sait aussi que Louis XIV aimait particulièrement le son de la viole pendant ses repas et ce n’est sans doute pas par hasard que parmi les courtisans on en dénombra plusieurs qui la pratiquèrent en amateur. Doit-on passer sous silence le fait que la musique, fut-elle de viole, n’adoucissait pas toujours les mœurs comme en témoigne la guéguerre qui opposa les luthistes devenu « violistes », et adoptant une technique de main gauche identique à celle de leur instrument à cordes pincées, aux « modernistes » qui suivaient les indications données par Sainte-Colombe ? Les propos échangés et écrits, n’avaient paraît-il rien de doux ports de voix !


Parmi ses élèves, Sainte-Colombe compta un « phénomène » auquel il se refusa à encore donner cours après six mois, Marin Marais. Le maître estimait que son disciple l’avait dépassé. Effectivement ce dernier allait devenir la grande figure de la basse de viole, reconnue comme telle en France et en Europe occidentale. Il destina à son instrument 550 pièces réparties en cinq livres. Elles sont généralement ordonnées en suites rassemblant des danses et des pièces de caractère aux titres évocateurs. Deux styles ont présidé à leur écriture, le mélodique et l’harmonique. Le style mélodique consiste, comme son nom l’indique, en une expression purement mélodique, les accords se limitant aux cadences. Il est utilisé dans les menuets, sarabandes, gavottes et courtes pièces de caractère. La mélodie est par contre plus fréquemment combinée à des accords dans le style harmonique, ce dont découle une impression de contrepoint. Ce style se retrouve dans les préludes, allemandes, courantes, chaconnes, rondeaux et dans les pièces de caractère importantes. La prodigalité du compositeur trouve chez Marais un parallèle dans celle du père de famille puisqu’il eut pas moins de 19 enfants, dont plusieurs furent également musiciens. Roland Marais est le seul a qui la postérité semble avoir reconnu quelques qualités.


Avec les Forqueray on aborde une autre famille de musiciens, instrumentistes et compositeurs. Antoine, dit le père, montra très tôt de grandes dispositions à la basse de viole. Ses contemporains le disaient pratiquement inégalable. Louis XIV adorait l’entendre préluder pendant ses repas et ce royal support lui valut d’être choisi pour enseigner l’instrument à plusieurs nobles et grands du monde d’alors. Il eut l’occasion de jouer avec François Couperin et Robert de Visée. Ce que le claveciniste Louis-Claude Daquin devait déclarer lors de sa mort : On peut dire que personne n’a surpassé Marais, un seul l’a égalé, c’est le fameux Forqueray témoigne à suffisance des qualités de son jeu à qui l’on trouvait par ailleurs plus d’esprit et de mordant alors que Marais cultivait la grâce naturelle. En tant que compositeur, le principal de son œuvre réside dans cinq livres de suites réputées si difficiles qu’il n’y a que lui et son fils [Jean-Baptiste-Antoine] qui puissent les exécuter avec grâce (Mercure de France, 1738). Pauvre fils qui publia plusieurs pièces écrites par son père et qui en transposa pour le clavecin. Alors qu’il atteignait ses 20 ans son père l’avait fait enfermer en prison et avait tenté de persuader le régent de le bannir du royaume. Il a fallu une pétition des élèves et amis de Jean-Baptiste arguant de la cruauté du père et de sa jalousie vis-à-vis du talent de son fils pour que la manœuvre échoue ! Le fils ne fut pas le seul à pâtir des excès du père car l’épouse dût elle aussi faire face à pas mal de violence et de procédures en justice avant que le couple se sépare en 1710. La musique adoucit-elle vraiment les mœurs ?

Le titre donné à ce concert est L’ange et le diable . A vous de deviner à qui l’un et l’autre de ces substantifs se rapportent...

Au programme : 

1- Suite I Antoine   -   FORQUERAY (1671/2 – 1745)

Allemande.La La Borde.

Noblement avec sentiment

La Portuguaise. Marqué et d’aplomb.

La Cottin. Galamment et sans lenteur

Chaconne. La Morangis ou La Plissay


2- La Forqueray   -   F. COUPERIN (1668 – 1733)

Prélude en mi

La Petite Pince-Sans-Rire


3- Suite V  Antoine   -   FORQUERAY

La Rameau. Majestueusement

La Guignon. Vivement et détaché

La Léon, Sarabande. Tendrement.

Jupiter. Moderement.


4- Entrée d’Apollon   -   Robert de VISEE (1650/65 - après 1732)

Chaconne des Harlequins

 

5-  Suite en Ré du 2ème Livre   -   Marin MARAIS (1656 – 1728)

Prélude lentement

Fantaisie

Sarabande

Gigue

Rondeau

Plainte lentement

Charivary tres vivement