Automne Musical de Spa

VIVIANA SOFRONITSKY

Date

Samedi 4 novembre 2017

Heure

20 heures

Lieu

Salon bleu

Plan d'accès

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Viviana Sofronitsky
Mozart et ses pianos favoris

 

Retrouvons la sonorité authentique et la dynamique subtile du fortepiano sous les doigts d'une interprète de choix, spécialiste des pianos anciens. Un récital unique et inédit des chefs-d'œuvre de Mozart joués sur deux copies d'instruments d'époque (J. A. Stein 1778 and A. Walter 1892) signées Paul McNulty.

Sonate A-Dur KV 331
Sonate Es-Dur KV 282
Fantasia c moll K. 475
Rondo a moll K. 511
Sonata B dur K.570

Née à Moscou, la pianiste russo-canadienne est la fille du célèbre pianiste russe Vladimir Sofronitsky. Elle commence sa formation musicale à l'école de musique centrale de Moscou et obtient son titre de docteur au Conservatoire de Moscou.

En 1989 elle émigre aux États-Unis pour travailler au Oberlin College à Ohio. L'année d'après elle déménage au Canada, où elle poursuit sa carrière avec de nombreux concerts et enregistrements et où elle collabore avec différents membres de l'orchestre baroque Tafelmusik. Elle est également cofondatrice de la série des concerts d'académie (Academy Concerts) à Toronto et en a été la première directrice artistique.
En 1994 Viviana Sofronitsky acquiert la citoyenneté canadienne.
Dans le but de poursuivre ses études musicales, elle s'installe aux Pays-Bas et étudie la pratique d'exécution historique pour clavecin et pianoforte ainsi que l'enseignement de la musique ancienne au Conservatoire royal de La Haye et obtient ses diplômes en 1999.
Depuis 2001 elle vit en République tchèque. Elle est mariée avec le facteur de pianoforte Paul McNulty. Elle joue presque exclusivement des précieux instruments créés par McNulty, et son vaste répertoire pour concerts et enregistrements s'étend de C.P.E. Bach à Liszt.

L'essor de la facture de pianos eut lieu d'abord en Allemagne, puisque, Silbermann non seulement construisit des pianos entre 1726 et sa mort (en 1753) mais encore il forma nombre de facteurs réputés pour leur inventivité et la qualité de leurs instruments. Parmi les plus connus, dans l'ordre chronologique, on trouve : Christian Ernst Friederici (1709-1780) d'une famille de facteurs d'orgues aussi, installé à son compte dès 1737, Americus Backers (en) (mort en 1778), installé en Angleterre vers 1750 (la date exacte n'étant pas encore connue), Johannes Zumpe (en) (1726-1790) qui travaille à Londres dès 1756 pour le facteur de clavecins d'origine suisse Burckhardt Tschudi (1702-1773, ayant anglicisé son nom en Burkat Shudi, beau-père de son illustre successeur John Broadwood). Zumpe s'installe à son compte en 1761 et, enfin, Johann Andreas Stein (1728-1792) père de l'école viennoise (quoique n'ayant pas vécu à Vienne) qui, outre la transformation du système de levage manuel des étouffoirs en un mécanisme se présentant, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, sous la forme d'une ou deux genouillères (obligeant à lever le(s) genou(x) pour l'actionner au lieu de se servir d'une main) et qui, entre 1775 et 1785, réinterpréta le système d'échappement de Backers, créant la fameuse Prellmechanik (mécanique à heurtoir) qu'on a l'habitude d'appeler « mécanique viennoise ». Mozart ayant d'abord possédé, comme son père, des instruments Friederici devint un adepte de ceux de Stein en 1777.
La facture anglaise s'est développée à la suite des « douze apôtres », apprentis de Silbermann, s'étant installés à Londres, Backers étant l'inventeur, en 1772, du pilote mobile (véritable échappement) permettant une répétition plus rapide et forte. John Broadwood (1762-1812) et Robert Stodart (de) (1748-1831) sauront tirer profit des trouvailles. Broadwood, après avoir produit des pianos d'après les plans de Zumpe, commença à étudier scientifiquement la manière de les perfectionner en sollicitant la Royal Society et le British Museum dès 1788 ce qui semble avoir conduit à la création de la double table d'harmonie qu'on trouve encore sur les pianos Pleyel jusqu'au milieu du XIXe siècle. L'engouement pour le piano qui s'est développé entre la fin de la décennie 1770 et le début de celle de 1790 fut tel que Broadwood abandonna la fabrication de clavecins, devenus difficiles à vendre, dès 1793. La construction de pianos, devint un marché si porteur dans l'Angleterre du dernier quart du XVIIIe siècle que de nombreuses entreprises furent créées, attirant savoir-faire et capitaux.
Durant la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle, l'école viennoise connut aussi son essor, comptant parmi ses membres, Anton Walter, Johann Andreas Streicher et sa femme, Nannette Stein Streicher (de), fille du célèbre Johann Andreas Stein, devenue une remarquable factrice, Jakob Schelkle, moins connu puis, début XIXe siècle, Conrad Graf. Les pianos de style « viennois » étaient d'abord fabriqués sans cadre avec seulement un barrage en bois, deux cordes par note, et des marteaux recouverts de cuir. C'est pour des instruments de ce type que sont écrits les concertos et sonates de Mozart et les premières œuvres de Beethoven, encore qu'il faille noter que sa sonate op. 13 de 1799 porte le titre de « Grande sonate pathétique pour le clavecin ou le piano-forte », ce qui laisse entendre une relativement faible diffusion de l'instrument à Vienne à cette époque. Haydn, quant à lui, n'introduit les indications de nuance dans ses sonates qu'à partir de 1780 (Hob. XVI: 35), bien après Mozart. Le développement de l'instrument fut tel que des compositeurs, interprètes et pédagogues de renom tels que Muzio Clementi se lancèrent dans la production et la vente d'instruments. (De fait, Clementi hérita de l'éditeur et facteur Longman & Broderip qui, lorsqu'il se rétira, en 1815, devint Collard & Collard (en).) Cet instrument avait un son plus doux et plus cristallin que celui des pianos modernes sauf à la frappe, particulièrement dans le forte, où il était plus criard ce qui imposait des précautions inhabituelles au clavecin mais qui s'estompèrent avec les progrès mécaniques. Cette clarté est perceptible dans l'écriture de Mozart à qui il arrive d'écrire des accords pleins à la basse qui sonnent de manière distincte (cf. concerto K 453, par exemple).

Wolfgang Amadeus Mozart a acheté un piano Walter (facteur viennois) vers 1782 et l'a employé dans l'une des phases les plus importantes de sa carrière, la composition très réussie et la création de ses concertos pour piano de la maturité. En 1800 (neuf ans après la mort de Mozart), cet instrument a été modifié par Walter. Il subsiste aujourd'hui (et est conservé dans la maison natale de Mozart à Salzbourg), mais on ne peut pas garantir la fiabilité du témoignage de la pratique d'interprétation de Mozart et ce en raison des modifications effectuées par Walter ensuite. Plus pertinemment, nous ne savons pas si Mozart était capable de lever les étouffoirs lors de la lecture à l'aide d'une genouillère (l'équivalent moderne de la pédale) ou a dû faire usage d'un arrêt de la main au clavier, ce qui nécessite une main libre. Un instrument Walter de Nuremberg, daté de 1790 par Kottick et Lucktenberg, utilise un arrêt de la main.